2016: GIROFLE-GIROFLA, LE NOUVEAU SPECTACLE

Contacter le metteur en scène Jocelyn RICHE  au 06 60 28 76 23 ou le  chef de choeur Christian FOULONNEAU au : 06 81 97 89 68.

 

 


L’Atelier Lyrique Angevin présente

Girofle-Girofla   de Charles Lecocq

 

 les  4,5 et 6  Novembre  2016  Au grand théâtre d'Angers

0péra bouffe en 3 actes,sur un livret d'Eugène Leterrier et Albert Vanloo créé au théâtre des fantaisies parisiennes à Bruxelles le 11 Novembre 1874.

Comment redresser une situation financière et politique délicate quand on est un grand d'Espagne?Parbleu,en mariant ses deux filles jumelles ,Giroflé et Girofla , l'une à un fils de banquier ,l'autre à un chef de guerre maure ,le terrible Mourzouk.Mais quand les pirates enlèvent Girofla,voilà la pauvre Giroflé,obligée de jouer les deux rôles auprès de ses fiancés pour sauver papa!

L'Atelier lyrique angevin aborde avec Giroflé-Girofla une oeuvre rare de Charles Lecocq,son seul véritable opéra -bouffe.Le compositeur de "La fille de Madame  Angot"nous embarque dans un vaudeville andalou loufoque et débridé,porté par une musique légère et élégante typique de son style .

Une soirée de bonne humeur musical et burlesque offert au public par toute la troupe de l'Atelier lyrique angevin .

Réservation au grand théâtres d'Angers : 02 41 24 16 40 / 42

 

 


 

Actuellement en vente : le DVD de Chilpéric

Le DVD de Chilpéric est en vente auprès de l'Atelier Lyrique Angevin pour le prix de 25 Eur (frais de port inclus).

Le DVD est sous-titré en français et en anglais.

Pour l'acheter, cliquer ici.

DVD de Chilpéric

Spectacle 2013 : Madame l'Archiduc (Offenbach)

L’Atelier Lyrique Angevin a présenté

Madame l'Archiduc

Jacques Offenbach

(1874)

et les 22, 23, et 24 novembre 2013 au grand théâtre d'Angers

 

Madame l'archiduc de Jacques Offenbach Madame l'archiduc de Jacques Offenbach

==> Nous recrutons pour 2014 quelques choristes confirmés, sachant lire la musique (besoin d'hommes et de quelques sopranes); contacter notre chef de choeur Christian au : 06 81 97 89 68.

Chapeau bas Chilpéric... et haut les choeurs !

La revue Opérette de février 2013 (N°166) titre :

"Chapeau bas Chilpéric... et haut les choeurs !"

Le choeur des druides (photo Philippe Laurent)

Le choeur des druides (Photo Philippe Laurent)

Gageure insensée ! Défi incroyable ! Mais réussite magistrale... Tel est le pari que vient de remporter triomphalement l'Atelier Lyrique Angevin sous la houlette de son directeur artistique et metteur en scène Jocelyn Riche, en programmant pour son spectacle annuel une oeuvre oubliée d'un compositeur qui l'est presque autant... Chilpéric de Hervé !
La postérité du malheureux Hervé semblait condamnée à demeurer dans l'ombre, victime du juste rayonnement d'Offenbach, même plus d'un siècle après la mort de ces deux compositeurs. Seule, Mam 'zelle Nitouche (1883), unique survivante d'un intimidant catalogue de plus de cent vingt ouvrages lyriques, remettait encore parfois à l'affiche le nom de Hervé... Mais il s'agissait là du Hervé amusant, certes, mais assagi et si loin des trouvailles musicales tordues et folles dont, sous le Second Empire, il truffait ses opérasbouffes. Composés de main de maître avec une science comique hors du commun, ils désignèrent Hervé comme surréaliste ou avant-gardiste, au point de le voir affublé du surnom de « Compositeur toqué... » vite rectifié par la plume de chroniqueurs forts lucides en « Génial toqué ». Curieusement, la vogue de Hervé s'efface vers 1900, alors victime comme Offenbach qui se maintient toutefois un peu mieux, d'un phénomène de mode. Les deux guerres n'arrangent rien et,
vers 1950, seuls deux ou trois titres d'Offenbach pérennisent à la scène l'opéra bouffe français. Vers 1990, tandis que s'élargissent les productions offenbachiennes, de rares émissions musicales radiophoniques (parfois bien nocturnes !), des textes, des chroniques, plusieurs livres même, permettent de ré-éclairer, de manière plus juste et plus précise, l'oeuvre et la vie de Hervé qui renaît alors timidement à la scène. On y revoit de petits « un acte» rares, puis quelques-unes de ses partitions très abouties comme « Le Petit Faust » à Metz, en 1990, puis en 2004, et même à l'Opéra-Comique, en 1998, « L'oeil crevé» ... hélas, réorchestré.
Si la production musicale de Hervé fut ainsi boudée par la scène durant des lustres au point d'être guettée par l'oubli, la radio, elle, lui avait permis de survivre. Dès les années 1950, la troupe et l'orchestre de la Radio-Lyrique ont su, avec un rare talent, diffuser bon nombre d'oeuvres du « Génial toqué» et, par le biais de rediffusions et d'enregistrements, amener et révéler ainsi jusqu'à notre XXIe siècle la vraie personnalité musicale de Hervé et notamment son extraordinaire Chilpéric. L'entendre était donc une chose possible, le voir en était une autre... inenvisageable jusqu'à ce que l'Atelier Lyrique Angevin réussisse la prouesse de cette réhabilitation scénique et musicale de premier ordre. Mais, quel travail titanesque, quelle patience et quelle passion exceptionnelles pour réussir ce tour de force.

Un remarquable travail de bénédictin

Chilpéric, créé à Paris en 1868, n'y réapparut qu'en 1895, dans une version remaniée. Les cent dix-sept années écoulées depuis cette reprise avaient largement permis au temps d'égarer tout le matériel d'orchestre ... et l'on ne parle même pas de celui de la version de la création... d'autant que c'est précisément cette version initiale qui intéressait Jocelyn Riche, le metteur en scène de l'Atelier Angevin.

Pour ramener Chilpéric dans son royaume théâtral, et en l'absence des partitions d'orchestre, un travail de persévérance et d'érudition musicale est alors accompli par Nicolas Bercet qui reprend les manuscrits de l'oeuvre conservés à la Bibliothèque de l'Opéra et, au vu de l'écriture même de Hervé, recopie soigneusement l'ensemble des trois actes, air par air, ensemble par ensemble... et même les musiques de ballet et les entractes. On peut saluer la qualité de la besogne accomplie avec précision et ténacité au cours d'une bonne huitaine de mois : « Heureusement que Hervé avait une écriture musicale calligraphiée... » soupire Nicolas Bercet... il m'a facilité le travail ! ».

Malgré quelques discrets « raccords » inévitables, la partition originelle retrouvait la jeunesse de son premier jour, en dévoilant du coup, les modifications opérées pour la reprise de 1895. C'est pourtant en s'appuyant sur la partition piano-chant de cette version, que fut orchestré Chilpéric, pour les émissions radio des années 1950, évoquées plus haut. Les rigueurs horaires obligèrent des coupures qui écourtèrent davantage les parties musicales. C'est dire que l'intégralité de la partition enfin retrouvée nous fait notamment découvrir avec curiosité et bonheur, l'ouverture complète de l' acte I, et celles des actes II et III; l' air de Madame Chapuis, la blanchisseuse ; un air de Chilpéric : « Que faire ? Que résoudre ?... » et un air de Sigebert: « Ô Madame, votre voix m' enivre ... » à l'acte II, ainsi que la restitution à l' acte III des couplets originaux d'Alfred, « passés » à Landry, en 1895. Voilà en ce qui concerne les grandes pages réhabilitées.

Mais Hervé écrivait aussi les paroles et les textes, se révélant un librettiste rôdé au théâtre. Ainsi fallu t-il s'assurer du livret de Chilpéric. La tâche est alors méticuleusement accomplie par Jocelyn Riche, directeur artistique, qui lit, analyse les répliques, mesure leur intensité burlesque (déjà si proche de la série télévisée Kaamelott) et conforte vite son choix sur la première version signée d'un Hervé aussi irrésistible qu 'échevelé, et non sur le livret revu trop sagement par Paul Ferrier, en 1895 (Hervé était décédé depuis trois ans). Alors vous pensez ce premier livret de 1868 désuet, ne signifiant plus rien, menacé par une réécriture totale pour céder la mode actuelle. .. ? Réponse catégorique : non ! Le texte initial a été conservé dans sa majeure partie et la salle éclatait de rire. Jocelyn Riche a su prouver que bien amené, et finement mis en scène, un livret de plus d'un siècle pouvait toujours produire son effet. Objectivement, on y remarque des ajustements, plusieurs retouches habiles, juste saupoudrées sur quelques brefs passages de l'action qui suit l'intrigue originelle. Celle-ci retrace d'un trait caricatural doucement forcé l'histoire du roi Chilpéric, mais derrière lequel apparaît en filigrane un fin pastiche de l'Empereur Napoléon III. Ce clin d'oeil si évident à la création, en 1868, l'était moins aujourd'hui. Pour l' évoquer, Jocelyn Riche, s'il a respecté l'époque mérovingienne au premier acte, a amené le deuxième sous le Second Empire. Quant au troisième, il est déplacé en 1918, superposant la victoire française à celle de Chilpéric. Cette modification temporelle surprend, il est vrai ; mais telle est vision du metteur en scène !

Rencontre avec... Jocelyn Riche, metteur en scène et directeur artistique

Jocelyn Riche- Vous avez mis en scène ce Chilpéric que nous venons d'applaudir pour l 'Atelier Lyrique Angevin. Pouvez-vous nous présenter cette compagnie lyrique : son histoire, son projet, son fonctionnement et sa troupe, des têtes d'affiche jusqu'aux machinistes ? - J'ai créé l'Atelier Lyrique Angevin en 2005 pour répondre d'une part, à une demande des choristes amateurs démobilisés qui chantaient avant au Théâtre Musical d'Angers sous la direction d'Yvan Rialland, avant que la structure ne ferme et qu'Angers soit absorbé par l'Opéra Régional de Nantes; et d'autre part, du fait de la quasi-absence d'opéra-bouffe ou d'opérette dans ce même théâtre. Mon expérience de chanteur lyrique professionnel, de chef de choeur, mon implantation musicale locale (j'ai un premier prix de chant du Conservatoire d'Angers) et les amitiés avec le milieu des chanteurs en général, m'ont incité à me lancer dans cette entreprise. L'Association s'est par la suite structurée de façon plus « professionnelle » pour répondre à l'évolution des exigences.

Nous avons commencé par donner, au Théâtre Chanzy : La Belle Hélène en 2005, La Chauve-Souris en 2006, puis La Grande duchesse de Gérolstein en 2007. La qualité croissante de nos spectacles a décidé la Ville d'Angers à nous ouvrir son Grand Théâtre. Nous y avons présenté La vie parisienne en 2008, Orphée aux Enfers en 2009, Les Brigands en 2010, et Barbe-Bleue en 2011. Le choeur est constitué de chanteurs amateurs adhérents à l'association. Chacun à son niveau effectue une tâche (décors, costumes, logistique, etc.) pour la réussite du spectacle. Je supervise ces équipes et leur donne les directives qu'ils suivent avec compétence et dévouement. Leur travail est essentiel à la réussite des spectacles. Une fois l'ouvrage déterminé (comportant des choeurs pour répondre aux souhaits des choristes), je choisis les solistes tous professionnels en fonction des voix et de la psychologie des personnages. La chance m'est donnée de connaître des chanteurs de grande renommée et de constituer avec eux des équipes cohérentes, confiant aussi des rôles à des chanteurs sans grande expérience, et qui ne m'ont jamais déçu. Un ami instrumentiste regroupe les musiciens (presque tous professionnels), en fonction de l'effectif désiré. Aux longs mois de travail de choeurs, de mise en scène, d'orchestre succèdent les répétitions avec tout le plateau deux semaines avant le spectacle puis tout le monde est réuni pour une pré-générale et une générale la veille de la première.

- Pourquoi le choix d 'un ouvrage de Hervé ? Pourquoi Chilpéric ? - Fort de son expérience de huit ans, l'Atelier Lyrique peut maintenant se lancer dans des ouvrages originaux qui méritent de retrouver les honneurs de la scène. Le répertoire lyrique est trop souvent délaissé non par désamour mais par ignorance. La réhabilitation d'oeuvres oubliées est d'autant plus passionnante que je me sens un peu investi (à mon niveau) d'une mission de sauvegarde d'une petite partie du patrimoine lyrique dont on s'enorgueillissait, à juste raison, voici un siècle ! Je suis secondé dans mon travail par Nicolas Bercet, chanteur et grand connaisseur du répertoire lyrique français. Ce travail d'équipe m'a poussé à me tourner vers des ouvrages moins connus, mais de qualité. Chilpéric fut le fruit de cette recherche musicologique. La musique et le livret n'ont rien à envier aux meilleurs ouvrages du genre et l'opéra recèle de telles originalités et de telles fulgurances qu'il aurait été injuste que je ne le présente pas au public.

- Les représentations de Chilpéric ont été données à Angers devant des salles combles. Comment parvenez-vous à remplir un théâtre avec une oeuvre si rare ? - Nous avons mis en place un système de préventes de places à tarifs réduits. Les choristes ont ainsi la responsabilité de vendre un quota de places qui nous permet d'assurer plus de la moitié du remplissage de la salle avant l'ouverture de la mise en vente officielle. J'avais mis en place ce système, dès la première année. La qualité de nos spectacles a aussi fidélisé un public qui nous soutient avec plaisir. Voilà pourquoi nous arrivons à remplir trois fois le théâtre. A nos débuts, le public venait surtout voir La Belle Hélène, maintenant il vient à l'Atelier Lyrique Angevin, quel que soit le spectacle programmé !

- Quels projets pour l'Atelier Lyrique ? Quels sont les vôtres en qualité de metteur en scène ? - Je travaille d'ores et déjà sur un nouvel Offenbach très rarement monté : Madame l 'Archiduc. Nous le donnerons en novembre 2013. Nous préparons également un DVD, commercialisé dans quelques mois, du spectacle de Chilpéric donné à Angers : autre façon de faire découvrir à un plus grand nombre cette partition rare.

D.G.

 

L'argument

Acte I

Nous sommes dans une forêt profonde de la Gaule mérovingienne, en l'an 567. Tapis derrière des feuillages, pour ne pas être vus, Landry et sa fiancée Frédégonde assistent discrètement à la cérémonieuse cueillette du gui sacré que célèbrent les druides. A peine sont-ils repartis que survient la chasse royale avec, à sa tête, le roi Eloi Chilpéric. Il est escorté par son frère Sigebert, roi d'Austrasie - et toujours enrhumé - ainsi que de l'épouse de celui-ci Brunehaut. Accompagné d'Alfred, son page dévoué, Chilpéric, sur son royal destrier, vante les mérites de son plat favori : le jambon. Survient ensuite le reste du cortège : le Grand Légendaire et le docteur Ricin. Cet éminent savant, qui a notamment imaginé d'arrondir les boules de billard - leur forme initialement carrée rendait le carambolage difficile - va préconiser aussitôt un remède très efficace contre le rhume de Sigebert ... Après que la médecine ait parlé, Chilpéric prévient l'assistance du but de son déplacement : rencontrer les druides afin de savoir si la victoire couronnera sa prochaine bataille. Mais où trouver ces druides ? Frédégonde et Landry sont soudain découverts. Chilpéric les questionne et, pendant qu'il entame avec Frédégonde une conversation aux desseins bien peu dissimulés, il envoie le fiancé à la recherche des druides. On sait le roi volage mais une telle attitude indigne Sigebert et surtout Brunehaut qui a échafaudé de marier sa soeur Galswinthe à Chilpéric car s'ils décèdent « leurs états seront à nous» avoue-t-elle avec machiavélisme. Mais le roi décide bientôt d'emmener à la Cour Frédégonde... en tant que lingère, et attribue la place de majordome à son fiancé Landry. C'est ce que celui-ci apprend lorsqu'il revient en annonçant l'arrivée des druidesses et des druides. Leur chef Divitiacus, par un premier oracle, prédit à Chilpéric une défaite, faute de sacrifice humain. Mais, chacun a de bonnes raisons de tenir à la vie... Par contre, moyennant quelques francs, la belle druidesse Fana prédit à la fois une victoire royale ... et l'orage imminent. Le Grand Légendaire, prénommé Médard est tout désigné pour distribuer les parapluies et, sous l'averse, tout le monde regagne le palais.

Final acte 1 (Photo Philippe Laurent)

Final acte I (Photo Philippe Laurent)

Acte II

Landry assume avec zèle son rôle de majordome, déplorant que sa « Frédégonde est un peu vagabonde ». Dame ! elle est devenue la favorite du roi, se fichant, on s'en doute, de son emploi de lingère. Mais il est dix heures et Chilpéric se lève, bien énervé, en ce 2 janvier ! L'aubade chorale quotidienne l'agace : ce ne sont que « des pages d'opéra-comique », peste-t-il. Sa journée est chargée : il doit rompre avec Frédégonde à qui il a promis le mariage. La raison politique doit l'emporter, et s'unir à Galswinthe, qui va arriver d'Espagne, supprimera la frontière - pyreneenne. Annoncer cela à Frédégonde n'est pas simple. Landry, qui a trouvé à la Cour d'autres charmantes compensations s'y refuse, évidemment ... Pour le roi, une grave méditation s'impose, seul avec lui-même, un bilboquet et... la légende du papillon bleu ! Brunehaut, Sigebert et son rhume, viennent rappeler à Chilpéric sa promesse. Celui-ci, contre son gré, a justement chargé Ricin de signifier à Frédégonde de s'en aller. Et, à l'instant où tout penaud, le roi s'apprête à congédier sa favorite, c'est elle-même qui vient l'affronter. En rage, elle le blâme pour sa lâcheté et ses mensonges mais, grâce à une compensation financière, elle lui promet de partir. Cette perspective réjouit Brunehaut : le mariage de Chilpéric pourra se faire, d'autant que l'on annonce l'arrivée de Galswinthe et de son frère Don Nervoso. Les touchantes retrouvailles familiales font place à un boléro endiablé : symbolique souvenir d'Espagne, ramené par Galswinthe pour charmer ses hôtes. Mais le page Alfred, en rangeant le boudoir de Frédégonde, a trouvé un document fort révélateur qu'il apporte à Chilpéric : son frère Gontran va profiter de la noce royale pour attaquer Soissons, sa capitale... Tandis que l'heure est à la danse, un grand bruit retentit : Frédégonde déménage, poussant dans la grande salle du palais une charrette contenant son mobilier. Après l'adieu poignant de l'ex-favorite, un geste malheureux de Ricin fait basculer la voiture qui déverse sur le sol son contenu, un vrai bric-à-brac que chacun se presse de ramasser pour hâter le départ.

Acte III

La douce chambre nuptiale respire un air paisible ... ou presque. Conspirer est devenu du plus grand chic ! Que nous réservent ces portes discrètes, ces sages tentures et ce lit si charmant ? Le complot se trame. Alfred le sait et, en page attentionné, il est là, prêt à surgir pour sauver son roi. Survient le Grand Légendaire qui, poussé par Frédégonde vexée d'avoir été mise à l'index, doit étrangler la jeune mariée... Quant à Ricin, il est missionné par Brunehaut pour empoisonner Chilpéric... Frédégonde apparaît, surveillant sa manigance vengeresse avant de partir combattre au côté de Gontran... Tout ce petit monde d'assassins en puissance, se trouve là. Dissimulé derrière le moindre recoin. Aux petits soins pour sa soeur, Don Nervoso vient bassiner le lit nuptial puis disparaît quand arrivent les jeunes mariés. Chilpéric tente la métaphore des serins amoureux pour évoquer les tendresses conjugales à sa naïve épouse... qu'il abandonne bien vite pour aller combattre son frère Gontran sous les murs de Soissons. Jamais, « de Pampelune à Saragosse », on n'a vu pareille nuit de noces selon Galswinthe qui, seule et fort inquiète, tente de s'endormir. Minuit sonne, faisant sortir les conjurés. Soudain, dans la pénombre, on crie, on tape, on cogne lorsque tous disparaissent avec le lit et ses occupants au tréfonds des oubliettes du palais. Au camp royal on fête la victoire : Gontran ne s'y frottera plus. Chilpéric vainqueur, a en outre démasqué les traîtres et « désoublietté » la pauvre Galswinthe. Si son royal époux lui promet une autre nuit de noces il entend bien récompenser les héros et punir les félons. Pour Brunehaut, Chilpéric veut un châtiment exemplaire... Objection générale : point de barbarie ! Un choeur en l'honneur de Chilpéric est moins cruel et plus convenable pour la circonstance.

 "Chanson du papillon bleu" avec Charles Mesrine (Photo Philippe Laurent)

"Chanson du papillon bleu" avec Charles Mesrine (Photo Philippe Laurent)

 

Les protagonistes

La passion du chant fédère cet Atelier Lyrique Angevin auquel vient se joindre des artistes locaux et professionnels au palmarès prestigieux qui acceptent, par goût du spectacle, de se lancer dans cette aventure théâtrale de trois représentations. Le choix du mot « Atelier » traduit la diversité des compétences que chacun déploie. Depuis le premier rôle jusqu'à l'éclairagiste en passant par les couturières, un seul but est recherché : la réussite de leur « édifice » annuel symbolisé par la remise en lumière d'une oeuvre oubliée, choisie parmi les trésors qui sommeillent au fond de l'immense océan lyrique français. Le public, fidélisé à ces raretés redécouvertes, y prend plus de plaisir qu'a applaudir rituellement des titres essoufflés, et stimule ainsi l'audace créatrice de l'Atelier Lyrique. Ses sept années d'existence ont permis, grâce au travail soutenu et efficace de ses membres, de parvenir à une maîtrise vocale dans le domaine si redoutable de l'opéra-bouffe (un opéra-bouffe est un opéra ... mais déguisé), et de s'affirmer notamment dans le répertoire d'Offenbach qui constitue jusqu'ici l'essentiel de sa production. C'est dire qu'en s'attaquant à son rival Hervé, l'esprit « bouffe » était savamment cultivé et la distribution rôdée aux difficultés vocales de chaque personnage.

Hervé, par ailleurs ténor, qui a créé Chilpéric, n'a pas visé pour lui la simplicité. Charles Mesrine, qui l'incarne ici, franchit habilement les détours si complexes du rôle-titre. Depuis son arrivée à cheval et son irrésistible «chanson du jambon » jusqu'au dernier final, en passant par la « légende du papillon bleu », tout fut étudié, joué, chanté avec une précision, une aisance et un esprit admirables. Valéria Altaver en Frédégonde, est un enchantement. Drôle, spirituelle, au premier acte, touchante dans ses « lamentations » au deuxième, explosive au troisième dans son grand air si complexe par ses deux « versants» ; d'un bout à l'autre de l'oeuvre, elle vocalise, joue la comédie, bouleverse, raille, et même conspire, dans toute l'aisance de son délicieux registre de soprano lyrique. Anne Lebras-Bastide est une merveilleuse Galswinthe : quel régal son irrésistible « boléro », quelle subtilité dans l'interprétation de son « fandango» ! La douce voix de ténor de Louis Zaitoun apporte à Landry, toute les délicates nuances du rôle et notamment dans l'interprétation de la si joliment écrite « chanson du pastour » qu'il partage avec Caroline Montier, une Brunehaut fort habile. Et puis louons encore Nicolas Bercet, mais en Sigebert cette fois, baryton et comédien, qui donne à son air du deuxième acte, éclat et drôlerie. Philippe Brocard fut un Ricin truculent, Timour Sadoullaiev, un Alfred attachant, Pierre-Louis Crevoisier, un Grand Légendaire haut en couleurs, et Delphine Cadet, dans le rôle et l'air de Madame Chapuis, une dynamique blanchisseuse « vedette ». Attribuons aussi une jolie note pour celles si belles et si graves que Philippos Vasakas fit sortir du gosier de Divitiacus...

La place manque ici pour glisser à chacun des protagonistes un compliment et des bravos. Le public angevin n'a pas lésiné sur les siens : l'intensité des applaudissements fut révélatrice à la fin des représentations, sollicitant des rappels justifiés pour l'interprétation brillante de cette oeuvre d'importance. Si Hervé y brocarde l'Histoire, il raille aussi (notamment dans la scène qui précède l'arrivée de Galswinthe) les récitatifs lancinants du grand opéra dont il sait parfaitement calquer avec sérieux la solennité pour mieux pouvoir en rire. Ainsi, au lever du rideau, le choeur des druides vénérant le gui, a valeur d'une page d'opéra. L'interprétation qui en a été faite souligne tout le travail accompli par les choeurs et leur chef, Christian Foulonneau dont le savoir-faire a parfaitement mis en valeur la beauté des nombreuses parties chorales et des ensembles qui émaillent cette partition difficile, dirigée avec rigueur et sagacité par Rémi Corbier, à la tête de sa trentaine de musiciens. Saluons enfin les judicieuses chorégraphies, les décors jolis et sobres et les costumes imaginés avec esprit et bon goût.

Cette magnifique et truculente partition de Hervé enfin révélée à la scène a permis à Chilpéric de pouvoir « s'exprimer » intégralement dans ses 26 numéros rétablis qui permirent un spectacle de quatre heures, en dépit des coupures de texte mais non de musique. Il eût été bien dommage de sacrifier ces pages retrouvées! Et puis après cent dix-sept années de mutisme forcé, Chilpéric avait bien le droit de chanter sans être interrompu, et haut les choeurs... espérer que son éclatant triomphe angevin par l'Atelier Lyrique puisse se doubler bientôt d'une juste victoire parisienne... sans attendre à nouveau cent dix-sept ans, bien entendu !

Dominique Ghesquière 29,30 et 31 décembre 2012

L'atelier lyrique a offert un Chilpéric dynamique

Le Courrier de l'Ouest du mercredi 2 janvier 2013 (N°20768) titre :

"L'atelier lyrique a offert un Chilpéric dynamique"

Chilpéric aura demandé, au total, près de douze heures de concentration aux acteurs et figurants - Photo CO - Josselin CLAIR

Cela faisait plus d'un siècle que les conquêtes, amoureuses et autres, de Chilpéric, le petit-fils de Clovis (539-584), n'avaient plus été racontées. Créée en 1868 par Florimond Roger, dit Hervé, l'opérette n'avait pas été jouée depuis 1895, selon le site internet de l'ANAO (Académie nationale de l'opérette). Autant dire qu'il s'est agi de moments rares, samedi, dimanche et lundi, au Grand Théâtre, à l'occasion de la représentation de Chilpéric par l'Atelier lyrique angevin, fort de 12 solistes, de 42 choristes amateurs et de 25 musiciens. Les spectateurs ne s'y sont pas trompés, eux qui ont rempli les travées des lieux lors de chaque représentation. Parmi eux, M. Comte-Offenbach, descendant de Jacques Offenbach, qui a pu apprécier, comme chaque année, la performance de l'atelier lyrique. Son illustre aïeul et Hervé étaient en effet des contemporains, au 19e siècle.

Si Offenbach est devenu célébrissime, Hervé est quant à lui tombé dans l'oubli. Mais l'Atelier lyrique angevin a tout mis en oeuvre pour le faire resurgir.

Du coup, les 3h40' du spectacle sont passées vite, dimanche, grâce à une belle dynamique de la part de tous les acteurs. Samedi, la représentation de Chilpéric avait duré quatre heures, entractes inclus. Dimanche, les vingt minutes en moins ont beaucoup bénéficié à la représentation qui, en dépit de jeux de mots parfois lourds, est constamment restée alerte.

L'an prochain, une oeuvre d'Offenbach sera au menu de l'Atelier lyrique angevin. Mais il faudra encore patienter pour savoir laquelle.

"Leçon de musique" : présentation de Chilpéric, d'Hervé

L’atelier Lyrique Angevin présente au Grand Théâtre d’Angers les 29,30 et 31 Décembre 2012 :

Chilpéric d’Hervé, Opéra-bouffe en 3 actes
 

créé à Paris au Théâtre des Folies Dramatiques, le 24 octobre 1868

Chilpéric est peut-être l’ouvrage lyrique le plus incroyable du XIXème siècle. Hervé, inventeur de l’opérette et alter ego d’Offenbach, nous concocte un petit bijou musico-burlesque d’une modernité incroyable.
Chilpéric, qui n’a vraisemblablement pas été représenté depuis 1906, nous a demandé un très gros travail de retranscription pour valoriser ce patrimoine méconnu aujourd’hui.
Amateurs d’opérette, professeurs de musique, élèves, futurs spectateurs, nous vous proposons de venir découvrir ce joyau lors d’une « leçon de musique » qui se tiendra le :
 

Mardi 6 Novembre à 19 h au foyer du grand théâtre Place du Ralliement.

Pendant une heure, vous pourrez entendre parler de l’œuvre d’Hervé et de son contexte, du travail de mise en scène en alternance avec des extraits chantés par les solistes de l’ALA. N’hésitez pas à le faire savoir autour de vous.

Entrée gratuite

Affiche de Chilpéric 2012 avec l'Atelier Lyrique Angevin

L’Atelier Lyrique Angevin

Spectacle 2012 : Chilpéric (Hervé)

L’Atelier Lyrique Angevin a présenté

Chilpéric

Hervé

(1868)

et les 29, 30, et 31 décembre 2012 au grand théâtre d'Angers

Lautrec Marcelle Lender danse le bolero dans 'Chilperic' (1895)

Chilpéric est peut-être l’ouvrage lyrique le plus incroyable du XIXème siècle. Composé par Hervé, l’inventeur de l’opérette, l’alter ego d’Offenbach nous concocte un petit bijou musico-burlesque d’une modernité incroyable. Le livret au comique délirant avec ses gags visuels et ses anachronismes nous plonge dans un monde mérovingien des plus surréalistes. Enfin le rythme étourdissant de la musique d’une gaîté débridée répond avec bonheur à l’idée que l’on se fait des fêtes de fin d’année.

Comment envoyer un mp3

samedi, juillet 02, 2016 1:46 PM
Posted by eric

comment uploader un mp3?

Fichiers mp3 Giroflé Girofla basse

mercredi, juin 29, 2016 5:51 PM
Posted by eric

Fichiers mp3 Giroflé Girofla

mercredi, juin 29, 2016 5:48 PM
Posted by eric